mardi 6 juin 2017

24h des Crapauds 2017


Super Crapauds !

Retour sur une édition encore très difficile. Comme souvent, la semaine qui précède les Crapauds on regarde la météo, pleuvra, pleuvra pas... car on sait que le terrain là-bas devient vite très compliqué en cas de mauvais temps. La semaine est chaude et ensoleillée, et malgré un gros orage le vendredi après-midi (au moment où je choisis mon emplacement), le beau temps revient dès le samedi matin.

Voilà cinq années de suite que je m'inscris aux Crapauds en solitaire : en 2013 (gros gros chantier de boue) je finissais 14ème, puis 12ème en 2014 (très sec et très chaud), en 2015 je n'ai pas pris le départ suite à ma chute sur l'enduro de Millau quelques semaines plus tôt, et l'année dernière (sec mais très froid) j'ai fini 9ème. L'objectif cette année ? Encore un top 10, voire top 5, pour continuer à progresser. Mais surtout profiter du weekend et prendre un maximum de plaisir sur ce toujours magnifique circuit et cet événement complètement à part dans le petit monde du VTT.



Le départ à 15h, cette fois les solos ne sont plus intercalés au milieu du paquet, mais relégués en toute fin de peloton, avec environ 450 équipes au départ cette année ça en fait du monde devant nous. La fusée pétard pour annoncer le départ, le pré à traverser en courant, on saute sur les vélos et c'est parti sur la start loop, qui rattrape assez vite le circuit normal. Départ très prudent en ce qui me concerne, ça roule toujours n'importe comment, les gens sont trop énervés, et certains ont du mal à rouler dans leurs déguisements (obligatoires sur le premier tour) parfois encombrants ! Et de toutes façons on a toujours droit à deux ou trois bouchons sur ce début de course, le temps d'étirer les pelotons. On découvre le nouveau parcours, assez différent des précédents, avec plusieurs secteurs inédits, d'autres plus habituels, mais globalement les enchainements sont assez variés. Par contre, toujours aussi difficile, dans les chiffres déjà : 13km, 450m D+. Et surtout sur le terrain, très exigeant, plutôt très technique, éprouvant, quasiment que du petit sentier dont quelques-uns improvisés qui se creusent au fil des passages, et très peu de secteurs de récupération. Pour info, le record du tour (parmi les concurrents en mode relai) se tient dans les 45min.



La course est lancée, et vers le milieu de mon premier tour, juste avant de passer sous le chapiteau, je suis pointé 48ème solo, dans la première moitié donc, mais à ce stade c'est anecdotique. Mes premiers tours se passent sans le moindre souci, même s'il est difficile de s'économiser sur un tel parcours. Même en roulant "le plus lentement possible", c'est super usant. Alors je bois, je mange, je bois... Et on profite du soleil tant qu'il est là. Et malgré tout, je dépasse beaucoup de concurrents. C'est ça aussi les Crapauds, un grand rassemblement de pratiquants de niveaux très variés, certains sont là pour le défi de faire un tour ou deux, sans tomber. Une première pause plus conséquente à la fin de mon 4ème tour, pour manger chaud et détendre les jambes, bras, épaules... ça tire déjà un peu partout, mais rien d'inattendu. Et il est déjà temps d'installer la lampe sur le cintre, mon 5ème tour se fera à moitié dans la nuit, et à moitié sous la pluie qui commence à tomber vers 21h. Double effet qui rend la course beaucoup plus difficile. Le circuit principalement en sous-bois reste épargné un moment, mais parsemé de racines et de cailloux devient d'un coup très piégeux quand la pluie finit par traverser les feuillages.

Petite pause à la fin de mon 5ème tour, je suis à ce moment remonté à la 23ème place je crois. Je me lance dans mon 6ème tour vers 23h, juste après les feux d'artifice. La pluie s'intensifie, et il n'y a quasiment plus personne sur le circuit. Cela reste roulable mais ce n'est plus du tout la même histoire, surtout que j'ai déjà quasiment 8h de roulage dans les jambes. Epuisé, je suis incapable d'intensifier mon rythme pour rester chaud. Je finis ce 6ème tour frigorifié vers 0h30, non sans quelques petites chutes (sans gravité), car le circuit est devenu pour moitié une belle patinoire, et pour l'autre moitié un gros bourbier. Je me change et alors que la pluie redouble encore je décide de me reposer quelques heures. Ce tour valait quand même cher, car je suis remonté d'un coup à la 12ème place (les classements sont visibles en live soit sur le site soit via l'appli des Crapauds, au top ce système). On est à peine à mi-course...



Je me repose pendant trois quatre heures, en somnolant bercé par la pluie qui tape très fort sur le toit de la tente. Les phares des vélos se réfléchissent sur la toile à chaque passage d'un concurrent, mais il n'y a plus grand monde qui tourne dans ces conditions. J'émerge vers 5h alors que la pluie a cessé. Dehors c'est toujours aussi calme. Il fait encore sombre dans certains passages, je garde la lampe et c'est parti pour ce 7ème tour. Un carnage ! Dès le premier talus à monter je rattrape un concurrent bloqué tellement ça glisse, on doit s'y prendre à deux pour réussir à passer les vélos en haut. Un peu plus loin, grosse alerte quand je pense avoir cassé mon dérailleur dans la boue, en fait il s'est bloqué en position "démontage", ce qui a peut-être servi de fusible (?). On se dit que ça va être long... et oui, 2h30 en fait pour faire ces 13km, j'aurais été plus vite à pieds ! Des passages à débourrer les roues toutes les 20 secondes, les roues bloquées qui ne tournent plus, le vélo trop lourd à porter... un calvaire (vers les secteurs "Nationale" ou "La Fourmilière"...). Je finis ce 7ème tour vers 8h.

Je délaisse alors le Dad trop vulnérable dans la boue, pour le Multi en fourche rigide qui ne bourrera pas à l'avant, sachant qu'il dispose également d'un peu plus de dégagement à l'arrière, et aussi que les petites roues collent moins au sol dans la boue. Effectivement, le 8ème tour se passe beaucoup mieux, j'ai bien fait de l'emmener. Mais dans certaines descentes, déjà délicates sur le sec, et depuis ravagées à la fois par les passages successifs et la pluie, je dois passer à pieds. Peu importe, l'important est de continuer à avancer et je boucle ce 8ème tour vers 11h.



Je me lance dans mon 9ème tour alors que je suis maintenant 7ème au classement, ça motive. Je roule aussi bien avec des solos qui sont aussi fatigués que moi, qu'avec des concurrents en équipe qui sont dans leur deuxième relai le dimanche matin. Depuis le départ ils n'ont fait qu'un tour sur le sec et ne reconnaissent plus le circuit après le déluge nocturne. Un autre solo me rattrape, on échange quelques mots, il est dans le même tour que moi, c'est la première fois que je cotoie un concurrent direct. Il me rattrape alors que je suis à pieds dans la partie la plus raide de la longue "Montée des Nains" (bonne chance pour taper le KOM, il appartient à Maxime Marotte). Je remonte sur le vélo un peu plus loin, et je vois qu'il n'est pas loin. Je fais l'effort de revenir sur lui, je n'y arrive pas tout à fait mais je le reprends dans la descente suivante (le secteur "Le Moine"). Et là, je m'accroche, au risque d'y laisser mes dernières forces, mais après tout, il ne reste plus que 3h de course. Un peu plus loin On s'improvise tous les deux un ravito verre de coca gentiment proposé par un stand un peu agité en bordure de circuit, super sympa ! Je repars devant, en accélérant un peu, derrière ça s'accroche et finalement ça lâche, voilà toujours une place sauvée. Le coca m'a fait du bien, je finis ce 9ème tour "assez vite", étonné de voir que les jambes répondent bien. En même temps la dernière boucle du circuit a été bien simplifiée, les traceurs ayant mis en place quelques déviations depuis le petit matin. D'ailleurs le circuit n'a cessé d'évoluer tout au long du dimanche, d'une part avec le terrain qui séchait un peu, et au fur et à mesure que les traceurs mettaient en place leurs plans B ou C sur les secteurs les plus sinistrés. Super réactivité pour nous permettre de continuer dans les meilleures conditions possibles.


Il est 12h30, je m'arrête une petite minute, par habitude à ce point de la course je sais que ça ne sert à rien de s'arrêter plus longtemps, je ne récupérerai pas plus selon que je m'arrête 5 ou 30 minutes. Donc une dernière banane et on continue ! Je gère mon dernier tour en surveillant juste les solos qui me rattrapent, mais je ne me fais doubler que par des concurrents frais qui n'ont quasiment pas roulé depuis la veille. Je m'arrête une nouvelle fois au ravito coca du tour précédent. Je me rendrai compte cent mètres plus loin que je me suis en fait arrêté sur un autre stand ! Mais ils m'ont quand même servi mon verre, merci ! Je finis à bloc (trop bon) mon 10ème et dernier tour que je boucle vers 14h05. Je suis alors classé 6ème, j'ai au moins 2 tours de retard sur le 5ème, et presque une heure d'avance sur le 7ème. Plus rien à gagner, plus rien à perdre, je suis trempé, j'ai froid. Stop, après environ 130km, 3700m D+, et 16 ou 17h de roulage.

L'après-course, un plateau saucisses-frites bien qui fait du bien, même si avec l'habitude j'ai plutôt bien géré mon alimentation sur ces 24h. Pas de fringale, pas de crampes, pas de déshydratation excessive, pas envie de recracher ce que je mangeais, quasiment toujours quelque chose sous la main dont j'avais envie... bref beaucoup de progrès au fil des participations. D'ailleurs encore merci à mes parents d'avoir préparé les rations, les bidons, nettoyé les vélos, rangé le campement...etc... sinon j'y serais encore !

Un bilan super positif, bien sûr la pluie a gâché une partie de la course, mais c'est redevenu très agréable à rouler progressivement le dimanche. Je me satisfais amplement de ma 6ème place en solo (sur environ 115 solos au départ). Ce sera difficile de faire mieux, mais de toutes façons je recherche déjà trois équipiers motivés pour 2018, cette fois c'est certain j'ai envie de varier un peu les plaisirs et d'y retourner en équipe l'année prochaine ! Les Crapauds, c'est complètement fou, venez venez avec moi !

jeudi 20 avril 2017

2017

Réactivation du blog !

Je suis en train de préparer quelques compte-rendus de ce début de saison, à bientôt pour de nouveaux articles ici-même.

En attendant, quelques photos du printemps...





lundi 12 décembre 2016

Transmaurienne Vanoise (20-24 juillet 2016)

Ma deuxième participation à la Transmau, mais finalement très différente de la précédente. Première visite dans la Vanoise en ce qui me concerne, en 2011 la course était encore dans les Sybelles. Et participation en duo, avec Séb, là encore c'est inédit pour moi.

Cela débute le mercredi soir par un prologue autour de Bessans. 15km et 250m D+. Le parcours ne présente pas de difficulté, juste une petite bosse raide en entame, suivie d'une descente sur un joli petit sentier, avec seulement quelques passages un peu délicats le long du torrent d'Avérole, mais après la reconnaissance ça passe bien. La suite est beaucoup plus roulante, avec un faux plat descendant et rapide le long de l'Arc cette fois, avant de remonter par une petite allée soit herbeuse soit forestière. On boucle cette sympathique mise en bouche en 46 minutes, sans trop forcer car il faut essayer de garder des forces pour les jours suivants.


Jeudi, l'étape 1 est la plus longue de la semaine, et même un peu plus qu'annoncée. 78km et 2500m D+. Départ de Bessans, d'où on reprend la fin du prologue en sens inverse. Parfait pour s'échauffer avant la première longue ascension qui va nous mener au Col du Mont Cenis. Sentier, puis piste, puis piste très raide où on pousse pendant quelques minutes, puis piste plus roulante qui redescend un peu sur la fin pour arriver au col. On a déjà 1h30 de course dans les pattes. Voici ensuite la plus belle portion de cette étape, le tour du Lac du Mont Cenis, notamment la première moitié, sur un petit sentier en balcon absolument magnifique. Vraiment génial ce passage. Le retour par contre se fait sur chemin large, pour repasser au col.


Ravitaillement. Puis on redescend un peu par la route avant d'attaquer une descente aménagée type DH (light), c'est bien bon ça. Ensuite, remontée de 600m de D+ sur une piste... pour redescendre sur une autre piste. Déçu par cette boucle qui n'apporte rien d'intéressant au parcours. C'est à partir de là que Séb va systématiquement m'attendre dans les montées, pas beaucoup mais toujours un peu. C'est pas grave, on ne joue pas le classement, on est ici pour finir et se faire plaisir. Justement, après cette boucle il ne reste plus qu'à remonter la vallée pendant quasiment 20km pour retrouver Bessans. Et là aussi c'est bien long, très long. Et il fait bien chaud, car le temps est très lourd. Vers la fin on sent quelques gouttes mais ça ne tombe pas. Je finis cette étape bien entamé en me demandant comment le reste de la semaine va se passer.


Vendredi, étape 2. Et bien, pas d'étape 2 pour nous. Il a plu toute la nuit, et au moment de prendre la voiture pour rejoindre le départ, c'est encore le gros déluge. Pour avoir déjà connu et subi ce type de météo en haute montagne, ce sera non. Il pleut tellement et la visibilité est tellement faible que je n'imagine pas que la course puisse être maintenue dans ces conditions. Donc on ne se déplace pas. Cela va nous exclure du classement mais de toutes façons on ne le regardait pas (d'ailleurs valait mieux pas !). Evidemment, sur place la pluie s'arrête juste avant l'heure du départ qui sera bien donné, sur un parcours allégé cependant. De notre côté aussi, voilà même le soleil qui revient... Bon, ça ne sert à rien de regretter, on a pris notre décision avec les infos dont on disposait sur le moment et voilà. Par contre, on est à la montagne, il fait maintenant beau, donc je vais rouler. Petite promenade en solo, seulement 14km mais tout de même 700m D+. Je repère sur la carte une belle piste qui monte avec des jolis lacets, de laquelle il est possible de redescendre par un beau sentier qui a l'air sympa. Et effectivement il l'est ! D'ailleurs, ce sera l'une des plus belles descentes de la semaine. Super varié, plein d'épingles en tous genres, vraiment amusant. Mais le vrai but de la balade, c'était de voir des marmottes et ce fut le cas pendant l'ascension, toujours aussi marrantes ces petites bestioles. Je rentre au gîte juste avant la reprise de la pluie, timing parfait.


Samedi, étape 3. Changement de décor, les deux dernières étapes partiront de (et arriveront à) Aussois. Il fait beau, et le programme du jour est plutôt costaud : 55km et 2600m D+. Petite montée de 7km pour débuter, d'abord sur route puis on attrape un sentier humide et glissant, puis une piste qui se finit dans les herbages. La descente qui suit est un peu délicate, car détrempée par endroits. On poursuit ensuite par une magnifique portion dans les bois, profil plutôt varié, jusqu'à une descente bien technique dans une pinède, gros cailloux, et là ça ne passe plus partout sur le vélo, en tout cas pas moi. Puis long retour à Aussois, en repassant sur la ligne je dois dire que j'avais déjà mon compte, et ce n'aurait été que moi, je me serais bien arrêté. Mais Séb est encore bien motivé, donc go go. Jolie descente le long du fort, en fait ça valait le coup. Puis le pont suspendu ! Puis on traverse le petit fort de l'autre côté... par les tunnels sous les fortifications. Exceptionnel ce passage.


Bon après ça rigole moins... avec 8km d'ascension sur piste, je suis ultra sec je n'avance plus rien... Heureusement Séb m'encourage pas mal, et on progresse petit à petit. La fin est un vrai supplice, du 20% sur environ 1km, impossible de passer sur le vélo, avec en plus des passages bien boueux. On finit par arriver au ravitaillement du dessus, très exposé au vent, on ne s'attarde pas trop car il fait bien frais. La descente qui suit justifie les efforts de la montée. Vraiment superbe. Un peu trop fatigué pour en profiter pleinement, mais quand même un super souvenir. Reste une petite remontée pour retrouver l'arrivée. Une superbe étape, qui vaut bien à elle seule de nombreux raids d'un jour. Parcours varié, complet, technique, tout ce qu'on aime.


Dimanche, étape 4. 40km et 1700m D+ pour laisser nos dernières forces sur les sentiers de la Vanoise. On débute à nouveau par une montée d'environ 10km, petite allée forestière assez agréable, puis vers le haut un sentier très étroit en balcon qui impose parfois de mettre pieds à terre. Une fois en haut, la vue est magnifique et on se dirige vers les plans d'eau juste en dessous.



Remontée courte mais terriblement pentue, avant de basculer dans la looooongue descente vers Aussois, très très fun. Sur le bas, Séb me rattrape alors qu'il était devant moi... j'ai dû couper un petit bout quelque part, pas grave. Passage par Aussois, et on se lance dans la dernière boucle de cette Transmau. Descente technique dans les cailloux, avec une crevaison de Séb en bas. On traverse ensuite l'ancien fort, avant de longer l'Arc un moment, puis une dernière remontée vers l'arrivée à Aussois (la même que la veille).


Dernier passage sous l'arche d'arrivée, et fin de cette très belle Transmaurienne Vanoise. Très content de cette semaine de vélo. Super ambiance avec les copains dont Séb mon équipier, je pense qu'on en a bien profité ! Organisation au top ce qui n'est pas étonnant de la part de LVO. Niveau parcours, les étapes de Bessans y'a du bon et du moins bon, par contre à Aussois c'est que du très bon. En 2017, Aussois sera encore là et Termignon Val Cenis remplace Bessans. C'est à nouveau très tentant. Peut-être encore en duo, ou en solo ? Encore sur le parcours des 9000, ou celui des 6000 ? On a encore le temps d'y réfléchir...

En attendant, cliquez ici pour une vidéo qui donne un petit aperçu de tout ce qu'on a vu !


lundi 7 novembre 2016

Le Mont Ventoux...

... par Bédoin :

Samedi 24 septembre, je veux partir tôt, quitte à commencer de nuit, alors réveil à 6h, et départ effectif à 7h10.

Il ne fait pas très chaud : 7°. Les premiers kilomètres après Bédoin sont assez faciles, 3km à 3% puis 4km à 6% max. Tout cela est bien progressif et permet de s'échauffer avant le vrai début de l'ascension. A Saint-Estève, on rentre dans la forêt et dans les gros pourcentages. 9km à au moins 9%, parfois plus, sans aucun répit. La route est assez étroite, de loin on pourrait penser que ce n'est pas très abrupte, mais quand on est dedans on a l'impression que la route est tracée directement face à la pente. Ce versant est la montée empruntée par le Tour de France, et le bitume est recouvert d'inscriptions en tous genres, des plus classiques aux plus farfelues. A aucun moment on n'aperçoit le sommet, et cela me convient parfaitement car je le sais encore très loin. C'est difficile mais régulier, la petite route est magnifique, et je trouve facilement un rythme qui me permet de progresser sans trop me mettre dans le rouge, ce qui est indispensable si je veux enchaîner avec les autres ascensions plus tard. C'est là que ça se joue... si j'arrive à passer ce versant le plus difficile sans trop puiser dans mes réserves, le défi des Cinglés sera tout d'un coup plus réalisable. Donc je patiente, je ne regarde pas le compteur, ni les bornes kilométriques le long de la route. D'ailleurs il en manque quelques-unes, j'ai lu qu'elles sont souvent volées. Même en partant tôt je m'attendais à voir plus de monde pour un samedi : alors que j'arrive au Chalet Reynard, je n'ai dépassé que trois Hollandais, et personne ne m'a rattrapé.


Jusqu'au sommet il reste 6-7km, les plus connus, à découvert dans la partie "lunaire". Coup de chance, il n'y a pas de vent. Cette fois la vue sur le sommet apparait à chaque virage à droite, et on peut imaginer et compter le nombre de lacets restants avant d'y arriver. Je suis encore bien frais, ça passe bien, malgré quelques centaines de mètres bien difficiles sur la fin. Le sommet ! Je suis le seul vélo en haut, et c'est bien sympa.


La température est montée à 10°, mais je sens déjà que la descente va être fraîche. Buff sous casque, manchettes, veste coupe-vent, et c'est parti. Une horreur cette descente vers Malaucène. Déjà le haut, assez aérien quand on roule à droite, ne me rassure pas avec mon "presque" vertige. Deux, la route de cette face Nord est encore souvent humide. Trois, ma roue arrière émet par moments d'inquiétants bruits d'engrenages en mauvaise santé. Quatre, je ne suis pas un fan de vitesse sur route et j'ai du mal à dépasser les 60km/h... du coup je suis tout le temps sur les freins. Pas vraiment crispé sur le vélo, juste un excès de prudence je pense. Bref, je me traine et je prends froid. Dans la descente, je croise un nombre impressionnant de Hollandais tous avec un maillot identique, au moins 60 ou 70 ! A toutes sortes d'allures et avec toutes sortes de vélos. J'arrive à Malaucène grelottant de froid. Bien. Ma roue libre ne fait plus aucun bruit depuis la deuxième moitié de la descente, mais bon puisqu'il y a des magasins de vélos partout, autant demander un avis. Autant mes VTT je les ai tous montés quasiment pièce par pièce, autant le route je n'y touche jamais et je ne suis pas du tout familier avec ses composants. Petite pause d'une demi-heure chez Ventoux Bikes, accueil très sympa, le mécano m'arrange ça. Puis ensuite le plein des bidons, tout ceci me fait perdre pas mal de temps mais après tout c'est pour pallier à ce genre d'imprévu que je suis parti tôt.

... par Malaucène :

Et c'est reparti pour la deuxième ascension du jour. Le début est assez roulant, je dépasse quelques Hollandais avec le fameux maillot et ils me disent qu'ils font toutes ces ascensions pour une association. Un autre Hollandais me dépasse et on roule un moment ensemble. Il me dit qu'il est aussi dans les trois ascensions, dans le même ordre que moi. Mais il va un peu plus vite et je dois le laisser filer, je sais que le plus dur reste à venir. Car malgré les secteurs de récupération avant et après, le milieu de la montée est terrible : 5km à 10% de moyenne, et bien au-delà par moments. Je n'ai pas beaucoup d'expérience de montées de cols, mais je connais ce pallier en ce qui me concerne : à 9% ça va, je peux gérer, mais d'un coup à 10% ça devient quasi impossible. C'est aussi à ce moment que je commence à fatiguer des efforts précédents. Je suis à l'arrêt ! En fait cette montée irrégulière est terrible : route large, de longues lignes droites, certes des belles vues dégagées la plupart du temps, mais du coup on voit le sommet de très très loin. Le bas assez roulant qui use puis d'un coup on est dans un mur. Je m'arrête une ou deux fois pour détendre un peu les jambes. Je sais que mentalement c'est le moment le plus important de la journée. Si je passe c'est quasi gagné pour le défi. Je m'accroche et gros soulagement sur le petit replat en arrivant au Chalet Liotard. Petite pause et ça repart.


Bon en fait, juste après le Chalet je pense que ce sont les plus gros pourcentages, mais la route semble rendre beaucoup mieux et à partir de l'épingle gauche très serrée la pente s'adoucit légèrement. Pas grand chose, mais juste assez pour redonner le moral. Les deux derniers kilomètres sont à nouveau assez difficiles, mais on y est, c'est bon. Par contre j'ai très froid, même dans la montée, mélange de vent/fatigue/faim. Du coup je m'arrête encore pour me couvrir à 500m du sommet, en espérant ainsi couvert me réchauffer suffisamment avant d'entamer la descente. Cela fonctionne pas trop mal. Au sommet il y a maintenant foule et je ne m'attarde pas. Je retrouve mon Hollandais qui me dit qu'il attend un collègue à lui avant de redescendre vers Sault. Ok, et bien à tout à l'heure, moi je vais manger.


Je redescends donc la partie "lunaire", puis au Chalet Reynard direction Sault. Tout de suite je me rends compte comme prévu que toute cette partie est beaucoup moins pentue. En effet, il faut souvent relancer et pédaler sur cette petite route qui serpente dans la forêt. Belle descente, on n'est pas trop sur les freins. Ceci dit je dois m'arrêter une fois au milieu, un patin de frein s'est décalé et frotte contre le pneu. Pas de dommages, un coup de clé et c'est reparti. Une fois en bas il faut remonter légèrement pour atteindre le centre de Sault, ses terrasses et ses restaurants. Il doit être presque 14h et j'ai bien mérité un bon plat du jour.

... par Sault :

Je n'ai pas pris d'antivol pour le vélo et je reste donc en terrasse, bon il ne fait pas froid, environ 18° je crois, mais j'ai du mal à me réchauffer, gros manque de calories ! Du coup je ne traîne pas trop une fois mon assiette engloutie. J'ai l'habitude de digérer sur le vélo, et je suis impatient de repartir sur cette dernière ascension car la météo semble tourner. En repartant je croise mon Hollandais qui me lance un "bonne chance !". Cette dernière montée est très sympa. Petite route en parfait état, qui serpente dans une jolie forêt, avec souvent de jolies vues. Champs de lavande sur le bas, coupée, mais on sent l'odeur quand même.


Et puis c'est désert. Juste quelques vélos. Quand même plusieurs motards dont quelques-uns très dangereux, faut rester vigilant et s'arranger pour ne pas se faire dépasser en plein virage aveugle, ce qui est un peu pénible. Mais sinon ça passe bien, comptez une vingtaine de kilomètres jusqu'au Chalet Reynard, à pas plus de 6% et plusieurs paliers de récupération. Mais la fatigue est là, et je suis à mon maximum, c'est-à-dire pas bien vite. Content d'arriver au Chalet Reynard, je suis clairement sur la réserve depuis un moment, mais je suis confiant pour le final, que j'ai monté le matin en venant de Bédoin. Mais en fait, autant de Bédoin c'est la partie la moins difficile, autant en venant de Sault ça fait très très mal de se reprendre du 9% et plus dans les pattes. Dur dur de retrouver le coup de pédale et d'ailleurs je ne le retrouverai jamais. Après le premier lacet au-dessus du Chalet Reynard, surprise, le sommet est dans les nuages et on dirait même qu'il pleut là-haut !



Bon, de toutes façons j'y vais, ça c'est sûr. En fait, le temps d'arriver en haut, ça se dégage progressivement. Je renouvelle ma tactique de me rhabiller cinq minutes avant le sommet pour me réchauffer avant la bascule, au niveau d'un des photographes. La route est mouillée alors je lui demande si c'est tombé fort, il me dit qu'une heure plus tôt c'était de la grêle ! Bon, j'ai bien fait de pas trop me dépêcher.



Allez, je rejoins une dernière fois le sommet, complètement noyé dans le brouillard, on voit pas à dix mètres. Il n'y a pas grand monde, j'en profite pour une photo contre la pancarte. Et une dernière descente, cette fois vers Bédoin pour rentrer à la douche et au camping.



.... et pour finir,

141km, 4520m de D+, pour 8h05 de roulage. Le défi des Cinglés du Ventoux est relevé !
Super content car cela faisait un moment que je voulais rouler là-bas, c'est fait et j'en ai profité un maximum. Finalement, en gérant bien, cela reste assez raisonnable. Il faut juste être bien motivé, partir tôt, et pas trop vite, ne pas se cramer dans la première ascension. Les paysages sont magnifiques et très variés, et puis comme la météo change très vite là-bas, ça diversifie encore plus les ambiances et les conditions. En espérant vous avoir donné envie d'y aller !


vendredi 9 septembre 2016

Cyclo Tour de la Manche, Jour 3

Dernière journée, encore 110km pour rejoindre la plage de Granville, se baigner un peu dans la piscine sur la plage, et reprendre le train pour Paris. Encore beaucoup de jolies choses à voir sur la route, ça donne envie de revenir y passer quelques jours de vacances.

Voici un lien vers mon parcours sur ces trois jours. Avec les trajets vers les gares, les détours plus ou moins volontaires, je dois approcher les 400km je pense. Le Garmin m'a lâché donc je n'ai pas le compte exact. Je finis ce périple assez fatigué. Pour le prochain j'ai encore quelques ajustements matériels à prévoir, je peux encore gagner un peu de poids sur ce que j'emporte, et également mieux répartir le chargement sur le vélo. Mais au final tout de même une super expérience, à refaire bientôt !

C'est reparti pour des petites routes tranquilles...

... et des jolies plages !

Portbail

Entrée du Château de Pirou

Plage peu avant Granville, je suis arrivé juste quand le peloton de tracteurs descendait récupérer les casiers

Mairie de Bricqueville-sur-Mer

Bricqueville-sur-Mer

Promenade de Granville

Casino de Granville

Piscine sur la plage de Granville, pas trop froide !

Gare de Vaugirard...

mercredi 7 septembre 2016

Cyclo Tour de la Manche, Jour 2

Deuxième journée un peu mitigée. Le Nord du Cotentin magnifique, notamment tout le secteur Nord-Est. Puis Cherbourg, assez moche et beaucoup de circulation. Du coup je change mes plans, décide de couper plein Sud-Ouest à travers les bocages pour rattraper la côte Ouest au plus vite.  L'occasion de se rendre compte que la Manche... ce n'est pas plat du tout ! Multitude de côtes et petits vallons par où je suis passé... très très usant. Puis retour sur le bord de mer, à nouveau très joli.

Journée à 115km, bien fatigué de la veille !

Vers Barfleur

Phare de Gatteville

Vers le phare de Gatteville

Au bord de la route

Maupertus-sur-Mer

Voie verte vers Cherbourg (un des rares coins sympas du secteur)

Un peu plus loin

Plage de Sciotot

Petite route tranquille en bord d emer

Un peu plus loin

Camping du Bocage à Carteret (cher, et accueil pas du tout chaleureux)